Vivre de sa plume : utopie ou réalité ?


Les dessous de l'édition / mercredi, septembre 26th, 2018

Il y a quelque temps, nous vous avions proposé un sondage sur des groupes Facebook et sur Wattpad, pour voir l’idée que se faisaient les aspirants auteurs de la retombée économique de leurs livres, et la réalité de ceux qui étaient édités. Nous vous remercions déjà de votre participation, vous êtes plus de 66 à avoir répondu présent !

Les réponses ont été plus qu’éloquentes vous êtes 74,2 % à penser que l’on peut vivre de sa plume, totalement, précairement ou avec aide. Le but du sondage était double, puisque les auteurs auto-édités ou édités (en maison à compte d’auteur ou à compte d’éditeur) pouvaient ensuite nous faire part de combien de manuscrits ils avaient publiés, et combien ils gagnaient en un an.

Alors, qu’en est-il réellement, vivre de sa plume, est-ce une réalité ou une douce utopie ?

En France, peu d’auteurs peuvent se vanter de ne vivre que de leur plume. Pour cause, les droits d’auteurs sont assez peu conséquents (entre 6 et 20 % pour les grands auteurs). On a tous en tête les exemples de Marc Lévy, Guillaume Musso, Michel Bussi… Pourtant, en France, seuls 40 auteurs vivent de leur plume. Vous avez bien lu, 40.

Bien sûr, vous pouvez avoir des droits d’auteurs plus élevés en passant par l’auto-édition, comme nous vous le présentions dans notre article Les différentes façons d’être édités. Seulement, il est encore plus difficile de décoller réellement.

98 % des auteurs français ont un autre métier à côté, pas forcément relié à l’écriture.

Dans notre sondage, nous avons demandé aux auteurs édités ou auto-édités combien ils gagnaient par an. Plus de 46 % nous ont déclaré gagner entre 0 et 99 € pour un manuscrit. Même pas de quoi payer vos courses, alors un loyer et les factures…

Ça veut dire quoi ?

Que vivre de sa plume est ardu, difficile, même pour les meilleurs auteurs. En effet, pour la quasi-majorité de ceux qui en vivent aujourd’hui, ils ont eu un autre métier avant de vendre des best-sellers. Guillaume Musso était professeur d’économie, Michel Bussi professeur de géographie…

Nous avons souvent entendu de jeunes auteurs nous dire qu’ils avaient des emplois alimentaires avant de devenir réellement auteurs et de vivre de leur plume. C’est un pari vraiment très risqué. Il faut, bien sûr, avoir confiance en soi, et si c’est réellement votre rêve, vous pouvez essayer. Mais dans la réalité, percer dans un milieu artistique n’est rien de moins qu’un coup de chance. Un coup de poker. Ça peut marcher, ça peut ne pas marcher.

Ne vous laissez pas avoir par les e-books et les personnes se revendiquant agents littéraires (sans en avoir les qualifications, ni même la connaissance) qui vous promettent monts et merveilles : il n’y a pas LA façon de vivre sa plume et quitter son job actuel… Certaines personnes se débrouillent pour vivre de façon moins conventionnelle : mais, justement, ils vous vendent leurs services, font des ateliers d’écriture hors de prix, gagnent de l’argent avec la publicité leur blog et disent vivre de leur plume. Sacré décalage, non ?

Qu’en disent les auteurs interrogés ?

Pour Aloïsa Nidhead, vivre de sa plume n’est même pas pensable dans sa situation. Elle a auto-édité trois livres, prépare le quatrième, et a gagné depuis le début de ses publications 3 000 €, qu’elle a réinjecté en stock, salon du livre… Auteur est donc pour elle une passion, mais pas réellement un métier.

Amanda Cat est auteure auto-éditée depuis peu, mais n’en vit pas non plus. C’est un travail à temps plein — ou presque —, mais qui ne rapporte pas grand-chose. Elle nous a confié qu’il ne fallait pas le faire pour l’argent, mais bien pour la passion.

Murielle J. D., quant à elle, débute dans l’auto-édition, depuis juin 2018 avec son premier roman. Depuis cette date, elle a touché 130 €. Une somme dérisoire quand on a des charges à payer, donc !

Vivre de sa plume à l’heure actuelle n’est quasiment pas réalisable. Cependant, cela peut représenter une passion, un deuxième métier que l’on effectue sur ses heures libres. Vous pourriez avoir une bonne surprise, et devenir le 41e auteur à vivre de sa plume, mais il ne faut malheureusement pas se bercer d’illusions. Être écrivain relève plus de la passion, on peut donc dire adieu aux rêves de berline noire aux vitres teintées et aux villas à Miami Beach !

Merci à tous d’avoir participé au sondage !

N’hésitez pas à retrouver les auteures interrogées :

Aimer, ou fuir… Sasha de Murielle J.D.

Sous son emprise Tome 1 d’Aloïsa Nidhead

Love Conséquences d’Amanda Cat

Retrouvez nos articles sur les dessous de l’édition : 

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