Quelques conseils sur la stylistique


Aide & Conseils, Écriture / vendredi, octobre 5th, 2018

Pour changer un peu, aujourd’hui nous proposons un petit article sur la stylistique. Qu’est-ce que ça signifie ? Comment ça marche ? Comment fait-on pour trouver son style ?
Stop aux questions ! La Plume Encrée vous livre quelques pistes et conseils sur la stylistique. Suivez le guide !

La stylistique, mais qu’est-ce que c’est ?

Concrètement, la stylistique c’est l’étude des styles et de ses procédés. Mais ici, ce qui nous intéresse le plus, c’est tout simplement le style en lui-même. Pour ceux qui nous suivent depuis le début, nous n’arrêtons pas de rabâcher que la stylistique manque parfois à certains textes.

Bien sûr, chaque auteur possède son propre style, plus ou moins développé. Ce que nous regrettons par contre, c’est le manque de poésie dans votre stylistique.
Et bien justement, c’est ça, une bonne stylistique : un discours qui sait se servir des différents procédés poétiques et rhétoriques pour mettre en valeur son texte. Car oui, ça sert à ça une bonne stylistique : mettre en valeur son texte et se différencier des autres textes plus banaux.
Et bien c’est sur quoi nous allons nous attarder dès maintenant !

Comment trouver son style ?

Il n’y a malheureusement pas de solutions miracles… Trouver son style n’est pas comme trouver un meuble à IKEA. On ne se promène pas dans des allées et on ne sélectionne pas les produits qui nous intéressent.
Pour trouver son style, il faut avant tout LIRE les autres. Non pour plagier ou imiter (quoiqu’on puisse pasticher), mais tout simplement pour s’orienter ! Certains styles vont vous plaire, d’autres vont vous déplaire. C’est un premier tamis pour chercher quel style nous convient. Savoir ce qu’on n’aime pas, c’est savoir ce qu’on veut aussi !

Ensuite, et à présent que vous savez quel(s) style(s) vous appréciez, demandez-vous ce que vous aimez faire par vous-même… Préférez-vous les discours carrés, structurés et réalistes au millimètre près ? Est-ce que les touches d’humour et de dérision, dans un style enjoué, vous sont plus plaisantes à produire ? Ou bien encore, avez-vous un penchant pour l’écriture dramatique et noire ?
Tous ces paramètres à prendre ou écarter feront partie de votre propre stylistique.

Trouver son style ne se fait pas en un claquement de doigt. Rassurez-vous, les meilleurs auteurs que vous adorez ont eux aussi tâtonné un minimum pour trouver leur style. Vous ne dérogerez pas à cette règle. Mais pour cela, il faut s’entraîner ! Écrivez tout et n’importe quoi… D’abord des textes plutôt courts, puis de plus en plus longs lorsque vous sentez que vous accrochez à la façon dont vous menez votre texte. Plus vous serez à l’aise, et plus vous aurez votre réponse sur quel style vous sied le mieux.

Comment mettre son texte en valeur ?

Trouver un style d’écriture, c’est bien. Mettre en avant ce style et ses textes, c’est encore mieux !

Il existe différents procédés pour dynamiser un texte et mettre en avant ses discours.
Faire un cours pur et dur de poétique et de rhétorique ne vous servirait à rien. C’est pourquoi nous vous livrons quelques clés, que vous pourrez utiliser encore et encore, à votre guise.

Les rythmes

Lorsque vous écrivez, vous construisez nécessairement vos phrases en choisissant tels mots plutôt que d’autres. Et bien sachez que rythmer une phrase ou tout un texte, ça se construit tout autant. Et ça se réfléchit en amont. Mais tout dépend de ce que vous voulez montrer à vos lecteurs.
Il existe trois rythmes pour alimenter vos phrases et paragraphes :

  • Les énumérations
    Le rythme le plus basique et le plus simple à utiliser. Se servir des énumérations à bon escient c’est proposer une liste rythmée d’éléments soigneusement choisis. Bien sûr, il faut être précis dans son énumération et la justifier en établissant un lien avec ce qui suit ou ce qui précède.
    Exemple : « Elle ramena du marché des poireaux, des carottes, des pommes de terre, du céleri et de la courge. Ainsi, elle pourra concocter une souper bien nourrissante pour ses six enfants. »
  • Le rythme binaire
    Ce rythme là vise à montrer un balancement dans vos discours en employant deux éléments soit associés, soit dissociés. Vous allez apporter un premier élément que vous allez nuancer ou renforcer par un second élément. Vous pouvez utiliser ce rythme tant avec deux propositions que par deux phrases.
    Exemple : « Il la rejeta amèrement, elle s’éloigna tristement. » Ici, deux éléments dont le rythme binaire sert à montrer le balancement entre deux points de vue.
  • Le rythme ternaire
    On a souvent dit que le chiffre trois était l’élément de la stabilité. Rythmer une phrase ou un texte par l’apport de trois éléments montre une position de stabilité dans un texte, comme s’il était renforcé par les éléments apportés. Encore une fois, ce rythme peut très bien s’utiliser au sein d’une proposition, d’une phrase ou d’un paragraphe…
    On peut d’ailleurs jouer sur ce rythme ternaire avec des effets de longueurs dans les éléments le constituant pour apporter un effet de rythme supplémentaire.
    Exemple 1 : « Il semblait fatigué, blafard et apeuré. »
    Exemple 2 : « Que faire… Mourir ? Survivre en se soumettant ? Combattre et lever un armée pour ramener la paix sur tout l’univers ? »

Les répétitions

Passé les répétitions qui n’alourdissent que votre texte et qui peuvent être aisément supprimées, essayez de placer des répétitions en fonction de ses différents procédés :

  • Insister
    Non qu’il vous manque un synonyme, mais répéter un mot lui donne un crédit supplémentaire, qui plus est en fonction de sa place dans votre discours. Répéter un mot en début de phrase alors qu’il termine la phrase précédente pour vous permettre de rebondir sur cette idée et de l’expliciter davantage. Répéter, a contrario un élément, mis à part dans votre mise en page, créera un effet de martellement.
    Exemple 1 : « Elle se sentait humiliée. Humiliée d’avoir cru en tant de balivernes… »
    Exemple 2 : « La seule chose qu’il restait, c’est l’ennui. C’est l’ennui. L’ennui… »
  • L’anaphore
    C’est un procédé très courant et assez simple à mettre en place. Il suffit de répéter un élément en début de chaque proposition/phrase. Le but ? Mettre en avant ce qui répété et lui donner une valeur supplémentaire.
    Exemple : « Georges est doux. Georges est frais. Mais… Georges n’est vraiment pas pratique… » (Vieille pub pour les Tic-Tac).
  • L’épiphore
    Variante syntaxique de l’anaphore, c’est tout simplement répété un élément dans chacune de vos propositions/phrases, mais à la fin de celles-ci… Le but ? Tout comme l’anaphore, mettre en avant l’élément répété.
    Exemple : « Le ménage, terminé ! La vaisselle, terminé ! Le repassage, terminé ! Tout est terminé ! »
  • Les parallélismes
    Un peu sous le principe de l’anaphore, le but est de reprendre la tournure phrastique employée précédent et la répéter. Pourquoi ? Pour mettre en avant ce qui est différencié dans ce qui répété…
    Exemple 1 : « C’est la truite qui nage, c’est la chat qui joue, c’est le coq qui chante… » Notez ici qu’en plus de l’anaphore, vous avez un bel effet de rythme avec le rythme ternaire.
    Exemple 2 : « Lundi, Pierre est arrivé en retard. Mardi, Pierre est arrivé en avance. »

Les sons

Nouveau point, de poétique cette fois. Votre texte, si tout se passe bien, va être lu… Rendez-le mélodique en jouant avec les sons pour qu’à sa lecture votre texte paraisse chantant.
Il n’y a pas énormément de procédés pour jouer avec les sons, mais vous devez déjà connaître depuis le collège ou lycée les deux principaux : l’allitération et l’assonance. Respectivement la répétition d’un son consonantique ou vocalique. De façon générale, il faut au moins trois sons identiques pour que l’on considère l’allitération ou l’assonance.
Exemple d’allitération : « Il a bon dos, dis donc… »
Exemple d’assonance : « Sous la nuit, jaillissent les insomnies. »

Sinon, vous pouvez aussi vous servir de simples échos phoniques. C’est le même principe mais pour au moins deux sons identiques et ne se bornant pas nécessairement aux consonnes et voyelles.
Exemple : « Cet homoncule est ridicule…»

Enfin, vous pouvez tout aussi jouer avec les paronymes : des mots qui se rapprochent phonétiquement parlant mais qui ont un sens propre et différent.
Exemple : « Sans fric et sans froc…»

Les images

Dernier point, toujours dans la poétique, pour mettre en avant vos textes : ce sont les images et métaphores. Dites-vous qu’un texte riche en images et métaphores (à doser avec parcimonie, bien évidemment) aura plus de poids qu’un texte lambda. De plus, c’est à travers ce genre de procédés qu’on le parvient à véhiculer des émotions plus facilement.
Attention ceci dit, il ne faut pas en mettre à toutes les phrases et à toutes occasions. Ça serait le meilleur moyen de faire fuir votre lecteur ar une abondance pédante de métaphores injustifiées. De plus, user trop d’un procédé fait qu’il perd tout de son intérêt premier… Pourquoi ? Car ainsi vous le banaliser. Et tout ce qui est banal n’attire plus l’attention…

Alors, comment bien construire une image afin qu’elle s’encre à point dans votre texte ?
Et bien c’est assez simple. Commencez d’abord par écrire votre passage sans image, brut, tel quel ! Ensuite, une fois ceci fait, demandez-vous si ce que vous avez écrit peut vous faire penser à quelque chose d’autre, métaphoriquement parlant. Puis d’une façon qui respecte votre style, appliquez votre image à votre passage, sans hésitez à l’adapter au besoin.
Exemple : Ses longs cheveux blonds descendaient jusqu’à sa taille > « Une cascade d’or parcourait tout son dos pour chuter au niveau de sa taille.»

Vous pouvez bien évidemment vous servir des comparaison pour donner plus de relief à vos propos, sans forcément chercher à faire une métaphore. Les comparaisons égales tout autant les métaphores, quand elles sont bien édifiées et justifiées.
Exemple : « Grognant telle une bête féroce, il s’avança près de moi comme un loup sur sa proie. »

Nous espérons que ce petit guide vous a aidé. Tous les procédés abordés sont les plus basiques et élémentaires et cette liste n’est absolument pas exhaustive. En apprenant à maîtriser ces quelques petits outils stylistiques, vous parviendrez sans soucis à enrichir vos productions. N’oubliez pas qu’un texte soigné et poétique aura toujours plus d’impact qu’un texte simple, tout simplement car il sera vecteur de plus d’émotions. Attention toutefois à doser correctement ces procédés, car utiliser à tord ils alourdiront votre plume et annuleront les effets recherchés. A vous de trouver le juste équilibre maintenant !

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