Fausse Idée Reçue sur l’édition de votre manuscrit 1/2


Aide & Conseils, Maison d'Édition / vendredi, juin 8th, 2018

Bienvenue sur notre premier article de la catégorie Aide & Conseils aux auteurs ! Nous vous retrouverons ici tous les dimanche pour discuter de sujets qui vous intéressent, et dont les questions sont souvent posées sur les réseaux sociaux.

Nous commençons donc par les fausses idées reçues d’un auteur quand il veut se faire éditer par une maison d’édition ! Beaucoup d’écrivains en herbe fantasment sur une édition de leurs œuvres, et nous vous comprenons. Nous sommes tous pareils, le rêve de détenir une version papier de notre travail acharné sur de longs mois, le rêve d’avoir un éditeur qui nous fasse confiance, le rêve d’avoir un retour de la presse positif… Et pourquoi pas de gagner un prix littéraire, soyons fou ! Seulement, dans la réalité, il y a quelques petites choses à ne pas négliger…

Vous êtes prêts ? C’est parti !

Idée reçue n°1

La correction est chronophage, la correction est chiante, et à moins d’avoir des heures à perdre inutilement, vous ne voyez pas pourquoi relire des dizaines voire des centaines de fois votre roman à la traque de chaque coquille puisque l’éditeur paiera pour vous des correcteurs ? FAUX.

L’éditeur corrigera votre roman avant sa publication, bien sûr. Mais pour ça, faut-il encore qu’il soit lisible, cohérent, et que ce ne soient que quelques coquilles qui parsèment votre roman. S’il y a une faute à chaque mot et que vos fautes d’accord n’ont d’égal que vos fautes de conjugaison, votre manuscrit va finir à la poubelle. Si, si. À la poubelle.

Idée reçue n°2

Vous n’avez donc qu’à taper « maison d’édition » sur Google, et hop on envoie par dizaine et par centaines de mails votre manuscrit. Quoi ? Vous écrivez de la romance et ils ne publient que du thriller ? Tant pis, ils déclineront gentiment et basta. FAUX.

Outre le temps considérable d’envoyer des centaines de fois vos manuscrits va vous prendre, les maisons d’édition détestent ça. Oui, elles détestent. Un minimum de recherches dans le catalogue de la maison d’édition vous permettra de cibler au mieux, et de ne pas perdre du temps inutilement à envoyer des manuscrits qui finiront à la corbeille. De plus, vous avez le risque de tomber sur des maisons d’édition à compte d’auteur, autrement dit, des arnaqueurs. Nous vous conseillons donc de faire un fichier répertoriant les maisons d’édition susceptibles d’être intéressées par votre manuscrit, de les noter consciencieusement et d’envoyer une fois retravaillé mille et une fois. Là, vous aurez plus de chance d’être repéré et surtout, d’être édité.

Bien sûr, vous pouvez toujours l’envoyer à tour de bras, mais le temps que vous perdrez à lire des dizaines de refus et à vérifier sur internet la fiabilité de la maison d’édition vous fera regretter de ne pas avoir fait ces recherches-là avant. En plus, recevoir des dizaines de refus c’est très décourageant.

Idée reçue n°3

La maison d’édition à laquelle vous avez choisi d’envoyer votre bébé corrigé vous répondra en moins d’un mois, voire moins d’une semaine. De toutes façons c’est un livre tellement génial qu’il se dévore en une soirée ! FAUX.

Bien sûr, si vous n’avez pas bien ciblé vos maisons d’édition, vous allez recevoir des retours rapidement.

« Bonjour, malgré la qualité de vos écrits, nous ne pouvons lui donner de suite favorable…« . Rien qu’à lire votre synopsis, ils sauront directement placer votre chef d’œuvre. Nous n’avons plus besoin de le dire, vous le savez non ?

Autre cas de figure où ce sera très rapide : les maisons d’édition à compte d’auteur. Premièrement, ils ne lisent pas les manuscrits, tout ce qu’ils voient c’est le devis à vous envoyer pour que vous puissiez payer des milliers d’euros, juste pour caresser la couverture de votre bébé si chèrement payé, sans aucune diffusion ou distribution et surtout sans aucune promotion. Débrouillez-vous pour le vendre !

La plupart des éditeurs honnêtes prennent des mois avant de vous répondre, parfois c’est deux mois, parfois huit. Cela dépend du nombre de manuscrits reçus, du dynamisme de leur comité de lecture, … Patience est mère de vertu, donc.

Idée reçue n°4

C’est bien le rêve de tout auteur, non ? S’entendre dire que son roman est parfait tel quel, ou bien qu’on nous explique comment l’améliorer ? En théorie, toutes les maisons d’édition devrait le faire. En théorie. VRAI et FAUX.

Certaines maisons d’édition, jeunes ou moins jeunes, se permettent encore le luxe de motiver leur refus. Ils s’appuient souvent sur les fiches de lecture de leur comité, ou bien sur leur avis personnel. Oui, mais voilà, c’est très chronophage, et bon nombre d’entre eux se limiteront à un « malgré la qualité de votre écrit, nous ne pouvons y donner une suite favorable…« . Si la qualité est au rendez-vous, pourquoi ne pas l’éditer nous direz-vous ? Eh bien, justement. On ne sait pas.

Idée reçue n°5

L’édition en numérique c’est nul. Et on vous comprend tellement ! On veut du physique, on veut voir notre roman dans notre bibliothèque, et dans celle de tous ceux qu’on aura harcelé assez fort pour qu’ils l’achètent… Seulement… Ce n’est pas toujours possible. VRAI et FAUX.

Alors oui, si vous avez écrit un roman de plus de 250.000 signes (caractères et espaces compris), si l’on vous propose uniquement du numérique : fuyez. C’est un éditeur qui ne prend pas de risques avec vous, qui ne croit pas assez en votre roman pour parier dessus ; autant passer par une plateforme d’auto-édition et avoir son roman entre les mains, n’est-ce pas ? (En plus, vous aurez plus de droits d’auteurs, ah !).

Mais si vous avez écrit une nouvelle, ou une novella… Là ça se complique. L’éditeur parie sur vous en vous publiant, mais les coûts de fabrication sont bien trop élevées pour qu’il puisse permettre de vous publier en papier, seul. S’il s’agit d’un recueil, oui, vous pouvez espérer le papier. Mais une nouvelle, ou une novella, c’est quasiment mission impossible. Comment rentabiliser une impression de quelques dizaines de pages ? Les maisons d’édition sont des entreprises, elles doivent faire du bénéfice ! Dans ce cas-là, le numérique est plutôt acceptable. Vous pourrez espérer avoir votre bébé entre les mains avec une anthologie papier ou un recueil ; avec d’autres auteurs, ou juste avec votre plume !

Ne soyez pas déçus, nous revenons dimanche prochain pour la suite des idées reçues sur votre future publication en maison d’édition ! C’est tout ce que l’on vous souhaite… Pour le meilleur (et parfois pour le pire !) ; on verra ça ensemble !

En attendant, attisez votre plume, la Plume Encrée vous aidera à tout comprendre des rouages de l’édition, ce secteur si fermé et pourtant si convoité !

7 réponses à « Fausse Idée Reçue sur l’édition de votre manuscrit 1/2 »

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