Éviter les clichés… en fantastique


Aide & Conseils, Écriture / dimanche, novembre 18th, 2018

Aujourd’hui, La Plume Encrée vous propose le premier d’une série d’articles sur les clichés. Et plus particulièrement, sur comment les éviter ! Premier article, nous disions, et pour commencer nous allons nous focaliser sur les clichés en fantastique. Suivez le guide !

Éviter les clichés ?

Éviter les clichés à 100%, ce n’est pas toujours possible. En effet, nous sommes arrivés à un tel point de productions en littérature que proposer une œuvre complètement originale et dénuer de clichés revient à une mission impossible.

Mais alors, pourquoi proposer un article sur l’éradication des clichés, si cette tâche n’est pas possible ?

En fait, le but de cette série d’articles sera plutôt de vous proposer une liste (non exhaustive) de clichés (plus ou moins récurrent) et SURTOUT comment s’en éloigner, s’en amuser, les détourner ! Telle est notre mission !

Les principaux clichés en fantastique/fantasy

Même si le nombre de clichés en fantasy/fantastique est moins important qu’en romance ou thriller, certains sont assez flagrant !

Le premier étant celui qui, finalement, n’est pas perçu comme un cliché, mais qui l’est tout autant… Et c’est tout simplement : LA QUÊTE. Faisons un rapide bilan ! En réfléchissant brièvement, quelles sont les histoires dans ce genre d’écriture qui sont motivées par une quête (initiatique ou non, là n’est pas la question) ? Oui, pratiquement toutes les histoires ont comme trame de fond une quête à accomplir pour X ou Y raison (anéantir le grand méchant, reconquérir un royaume ou un trône…). C’est pour ça que ce cliché ne passe plus comme tel… Il s’est banalisé.

Nouveau cliché récurrent : UNE « TARE » DANS LA FAMILLE [ROYALE].
On s’explique : par tare nous entendons bien sûr un écart de « normalité » : le roi tyrannique et sanguinaire (et son contraire, le roi trop bon et magnanime), la reine veuve-noire (et sa voisine, la bienveillante assassinée dont le souvenir hante les héros), l’héritier (l’héritière) fugueur qui n’accepte pas son rôle, un haut-placé qui aime un être bas-peuple… Tant de clichés vus et revus, qui pourtant peuvent faire d’excellents éléments narratifs.

Un autre cliché que l’on peut associer au précédent : LE HÉROS QUI N’EST PAS A SA PLACE ET QUI DÉNIGRE TOUT !
Et plus précisément, c’est le personnage type qui s’insurge tout le temps du monde qui l’entoure, qui ne comprend pas la société avec laquelle il est contraint de vivre, qui ne pense qu’à une seule chose chose : fuir cette société ou la renverser. Et c’est en général ce qu’il va faire quand il apprendra qu’en fait il est exceptionnel et que son destin, hors norme soit dit au passant, et de trouver un nouvel équilibre dans tout ce désordre…

L’ADJUVANT QUI SAUVE TOUT… Oui ça fait très conte de fée, mais il est récurrent quand même.
Il intervient partout où la situation vire au drame : un héros sur le point de mourir, un tunnel (métaphorique) dont les héros ne voient plus la fin, une équipe qui se dissout avec le héros qui se retrouve tout seul… Tant de fins possibles à une intrigue que cet être (ou cette chose) va relancer pour le bien de l’histoire. Bref, c’est un peu le DEUS EX-MACHINA de l’histoire qui fait, au fond, un peu tâche…

La variante de l’adjuvant : L’OBJET MAGIQUE QUE L’ON A OUBLIÉ
Mais si, souvenez-vous ! C’est l’objet qui est donné au tout début de l’aventure, que tous les lecteurs ont oublié, et que l’on ressort dans une situation catastrophique pour sauver la mise. C’est bien souvent un petit objet, magique ou non, comme une gourde, une potion, une petite arme cachée dans la chaussure, une boussole…

Autre cliché, peut-être moins courant celui-ci, que l’on peut retrouver : LE PERSONNAGE AU DOUBLE-JEU.
Tout à fait détestable, c’est bien souvent le personnage auquel on s’attache et qui lors d’une tension narrative, souvent bien choisie, plante un couteau dans le dos de ses copains pour les trahir et se rallier à l’ennemi. C’est pas très gentil, et en plus, en fonction de la narration, on s’y attend… Prenez garde, ce dit personnage est soit trop gentil tout mielleux, soit trop louche. Dans les deux cas, ça pue l’arnaque à des kilomètres.

On l’a déjà cité, sans le citer, mais on va le re-citer quand même : c’est ce bon vieux DEUS EX-MACHINA.
D’origine théâtrale (ça c’est pour l’instant culture), le deus ex-machina c’est un petit peu la solution magique à tous les problèmes d’un auteur. On arrive à la fin du roman, il n’y a toujours pas de fin… C’est pas grave, on fait appelle au DEUS ! Autrement dit, on fait intervenir une solution miracle, qui ne suit absolument aucune logique de l’univers du récit, pour réussir à clore l’intrigue. Le cliché par excellence à éviter et à bannir ! Car en plus d’être THE cliché, c’est également un excellent moyen de décevoir votre lecteur.

Cette liste est non exhaustive et vous pouvez constater que les détails qui vous semblaient « trop cool et originaux » nourrissent cette même liste. DAMNED ! Mais que faire ?

Détourner et s’amuser des clichés

Dans cette partie, nous allons vous montrer que, puisque les clichés sont incontournables, vous pouvez très bien détourner et vous amuser des propres clichés que vous employez.

Pour la quête, si vous ne pouvez pas la supprimer (car sinon votre intrigue tombe à l’eau et que vous n’avez par conséquent plus d’intrigue), vous pouvez la motiver d’une autre façon. Par exemple, faire en sorte que votre protagoniste ne soit pas à l’origine de cette quête, ou qu’il y soit enrôlé contre son gré… Il existe beaucoup de manières de démotiver une quête.
L’idéal étant bien sûr de trouver une autre idée, mais sans quête, on peut vite tourner en rond. Le mieux étant l’ennemi du bien, à vous de trouver quels seraient les éléments qui pourraient rendre votre quête un peu plus originale…

En ce qui concerne les « tares » de la famille royale, là… le principe serait de les supprimer et de chercher par vous même comment rendre vos personnages plus originaux également. Ils peuvent paraître normaux, mais avec d’autres vices cachés… C’est juste une question d’équilibre et de dosages. Attention toutefois à ne pas tourner en ridicule vos personnages en cherchant à être le plus original (quoique, ça peut donner des choses assez cocasses !).

Pour le héros contesté, encore une fois, l’idéal serait de trouver une autre parade pour effacer ce cliché. Mais pour jouer de celui-ci, vous pouvez faire apparaître ce caractère sur un autre personnage (qui ne sera pas votre personnage principal) et le faire passer pour un paria absurde, dont le protagoniste se moquera. Enfin… c’est juste une idée…

Quant aux adjuvants et aux objets magiques oubliés, si vous ne pouvez vous passer d’eux, vous pouvez toujours les faire apparaître… Mais ils ne sont pas obligés de réussir leur intervention. L’adjuvant par exemple peut très bien venir, essayer son « miracle » et échouer en disparaissant et en laissant vos héros dans la panade… Ou alors n’être que le reflet d’une hallucination d’un personnage. Ou encore être chassé par votre antagoniste. Il y a tant de façon de contourner ce cliché salutaire !

Maintenant, le personnage au double-jeu. Sachez avant tout, que ce genre de personnage est un excellent rebondissement. Si vous pouvez vous en passer c’est bien, sinon rien de vous empêche de vous servir de ce cliché à bon escient. Il vous faudra juste éviter que votre lecteur sente ce retournement de situation trop longtemps à l’avance. Vous pouvez aussi attribuer ce double jeu à un personnage complètement inattendu, à qui l’on ne prête pas ce cliché d’ordinaire (comme par exemple votre personnage principal, soyons fous !).

Enfin, le deus ex-machina est à proscrire. C’est non négociable !

Vous l’aurez compris, les clichés sont nombreux, mais ils ne sont pas impossibles à contourner. La Plume Encrée a toujours prôné que les clichés existaient pour être détruits et que l’auteur doit s’en amuser… Nous espérons donc que ce petit article vous servira à détourner ces fameux clichés tout en évitant les récits plats et ennuyants qui ne font que reprendre les mêmes et éternels clichés !

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