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Éviter les clichés… dans un thriller/roman noir

Après de longs mois de silence, La Plume Encrée revient à la charge !
Et c’est avec la suite de la série d’articles que nous avions commencé (le premier épisode c’est ICI) que nous rétablissons les publications dominicales.

Dans la famille « Je veux éviter les clichés » je voudrais… LE THRILLER !
Vous l’aurez donc compris, aujourd’hui nous allons parler des clichés à éviter sur vos thrillers et romans noirs pour sublimer votre récit. Vous êtes prêts ? On décolle maintenant !

Éviter les clichés ?

Nous l’avions déjà dit, mais nous allons quand même le ré-aborder : éviter les clichés à 100% est devenu quasiment mission impossible. Chaque genre littéraire est, à l’heure actuelle, déjà rempli d’une telle densité de romans, qu’être purement original relève d’un miracle. Mais est-ce vraiment l’immense production de romans en tout genre qui donne ce résultat ?
Évidemment que non ! C’est en réalité le genre littéraire en lui même qui possède ses propres codes à respecter.

Ainsi, dans tous mon thriller ou roman noir, le lecteur s’attend à trouver les quelques éléments qui vont suivre et qu’il faut savamment doser pour ne pas tomber dans le cliché !

Roman noir et thriller

Une lecture haletante à faire frémir.
Telle est la version (très synthétique) d’un lecteur qui s’apprête à lire un roman noir ou un thriller.

En tant qu’auteur, c’est à vous de le maintenir captivé à votre plume, du début jusqu’à la fin. Et La Plume Encrée vous propose dès à présent une petite liste – non exhaustive – des éléments attendus en roman noir qui peuvent tendre vers le cliché. C’est parti !

L’ENTRÉE EN MATIÈRE : Commencerez-vous par la scène immédiate d’un premier crime ou le quotidien plutôt banal d’un inspecteur de la police qu’une nouvelle affaire est sur le point de tout changer ?
Car voici les deux incipits les plus clichés que l’on peut trouver en terme d’entrée en matière. C’est maintenant à vous de choisir en prenant votre temps pour trouver la petite pépite qui fera que votre début de roman dénotera et sortira du lot.

LE TUEUR MALSAIN et L’ENQUÊTEUR TENACE : Tout dépend bien sûr du point de vue adopté pour votre récit, mais épargnez à vos lecteurs ce qu’il a déjà pu lire et relire…. Le tueur qui prend un malin plaisir à contempler ses œuvres malsaines et à narguer la police. L’enquêteur qui prend très (trop) à cœur les crimes et qui fait progressivement de son enquête une affaire personnelle.
Certes, ces options de narration de sont pas prohibées, mais tentez de trouver une faille dans ce cliché pour qu’il devienne pertinent.

LA VICTIME QUI SORT DE NULLE PART et qui vient aider à résoudre l’enquête. Et on ne vous cache pas que son second prénom c’est DEUX EX-MACHINA… Autrement dit, le joli petit pion que l’on sort de sa manche pour faire avancer son intrigue car – bien souvent – on ne sait pas trop comment s’en sortir.
Le meilleur moyen pour dénigrer ce cliché c’est de donner suffisamment de consistance à ce personnage pour justifier pleinement son arrivée. On vous livre même un petit conseil si vous voulez vraiment vous en servir : plongez-le dans le coma ! Vous serez sûrs qu’il n’aidera pas à l’enquête… (Attention au second degré.)

L’AMBIANCE GLAUQUE ET SORDIDE : C’est certes le principe d’un thriller, mais il ne faut pas confondre « excès de noirceur » avec « dosage du thrill« . C’est plutôt une affaire de stylistique ici, mais sachez trouvez l’équilibre entre ambiance glauque bien placée et l’abus des éléments qui font frissonner. Car, finalement, tout ce que vous aurez voulu tisser pour ambiancer votre lecteur va tendre vers le banal et le gros cliché d’un fond de trame raté.

LE TWIST : N’est pas un jeu à prendre à la légère. En gros, c’est le retournement de situation finale qui va axer le dénouement de votre histoire. Parmi les plus gros cliché, en terme de twist, on relèvera entre autre : le rêve ou une autre réalité (tout ce qu’il s’est produit jusqu’au fameux twist n’était pas réel et était lié au clivage d’un personnage) ; le flic est un ripou (celui qui traque le meurtrier, l’est en réalité, et il se sert de ses qualifications et compétences pour tuer sans soucis) ; histoire de schizophrénie (c’est en fait le personnage que l’on prend pour l’innocent du village qui devient le meurtrier lors d’une phase de folie – un peu à la Mr. Jekyll et Mr Hide).
Alors, on vous le concède, le twist apporte une densité supplémentaire à votre intrigue, mais ne prenez pas le risque de décevoir votre lecteur avec un twist lu, relu et re-relu !

Quelques pistes et conseils pour parfaire votre roman noir/thriller.

– Nous vous l’avons déjà dit, mais on ne cessera jamais assez de vous le répéter : le meilleur moyen de jouer avec les clichés qui touchent les personnages, c’est de donner une consistance et une profondeur suffisamment à VOS personnages pour vous permettre de vous amuser des codes attendus en thriller.

– N’ayez pas peur de l’ambigüité ! Travailler votre texte de la sorte que votre lecteur ait la réponse sous les yeux depuis le début, mais que seule la fin élucidera tous vos indices. Vous pouvez également jouer sur les fins ouvertes et à double interprétation. À vous de briller là-dedans, car tout cela n’est qu’une question d’imagination. Certes un peu tordue, mais quand même…

– Allez voir ailleurs pour mieux voir et comprendre ce qu’il se passe chez les autres. Il faut lire et vous renseigner sur ce qui a été déjà fait et produit pour mieux comprendre les ficelles d’un bon thriller. Ensuite, sans plagier bien sûr, à vous de construire et tisser le roman que vous aimeriez faire découvrir à vos lecteurs.

– Intéressez-vous à ce qui vous entoure, ce qui vous touche, ce qui vous trouble. Si un domaine, ou un sujet vous intrigue ou vous intéresse, n’hésitez pas à approfondir vos connaissances avec des recherches soignées pour mieux retranscrire ce sujet dans votre roman. De cette façon, vous éliminerez ainsi les éventuelles incohérences qui peuvent toucher le sujet choisi. Ex : Si la schizophrénie vous intéresse, n’allez pas vous contenter des simples clichés qui tournent autour de cette maladie pour alimenter votre fiction. Non ! Documentez vous et affinez vos connaissances pour faire le plein de réalisme.

– Faites vous plaisir avant tout ! Prenez le temps de tisser un premier jet avec vos premières idées. Ensuite étoffer votre manuscrit progressivement afin de la parfaire. Vous n’en serez plus que satisfait, même si le travail vous parait fastidieux… Cela en vaut vraiment la peine !

Tout comme de nombreux genres littéraires, le thriller et le roman noir regorgent de clichés. Mais ils ne sont pas inévitables, et prendre le temps de les considérer est le meilleur moyen de jouer avec. Nous espérons que l’article vous aidera un tant soit peu, et nous vous disons à très bientôt pour un nouvel article sur les clichés.

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