Comment faire rire vos lecteurs ?


Aide & Conseils, Écriture / samedi, novembre 3rd, 2018

Après un article sur l’horreur et les frissons, nous vous proposons un nouvel article un peu plus léger…
L’humour est assez difficile à maîtriser et intégrer quelques touches de comique peut s’avérer être compliqué. Comment donc faire rire ou sourire votre lecteur sans aller lui raconter des blagues ? La Plume Encrée vous donne quelques conseils. Suivez le guide…

  • Où intégrer l’humour ?

Dans votre narration ? Dans vos dialogues ?
La réponse est très simple : dans les deux, c’est possible. Tout dépendra de votre genre et de votre style d’écriture.

Si votre narrateur est interne à l’histoire, qu’il en fait donc partie, vous pouvez insérer vos touches d’humour dans votre narration.
Ex : « À le voir se dandiner comme ça, on aurait dit qu’il avait un balai là où je pense… Cette image me fit doucement sourire. »

A contrario, si la narration est omnisciente et qu’elle est externe à l’histoire, il faudra mieux incorporer l’humour dans vos dialogues.
Ex : « — Ouh, lui… Il n’a pas inventer la machine à courber les bananes, dit-il exaspéré. »

Cependant, vous pouvez toujours user de différents procédés pour quand même l’intégrer dans votre narration, même en point de vue omniscient.
Ex : « Lorsqu’il arriva à discerner son visage, une improbable envie de rire le prit. Et pour cause, le nez de son adversaire ressemblait à s’y méprendre à une carotte de bonhomme de neige… »

  • Comment signaler l’humour ou le rire dans un dialogue ?

Au diable les « — Ahahaha, fit Georgette. » !
Stop ! Nous n’en voulons plus ! Il y existe tant de façons de souligner le rire et l’humour de vos personnages.

Vous avez pour commencer une panoplie de verbes chargés en sémantique :
s’esclaffer, se dérider, pouffer, se moquer, se désopiler, se tordre de rire, avoir des crampes à l’estomac à force de rire, pleurer de rire, ne plus s’arrêter de rire… Et la liste est encore longue.

Ensuite, lorsque vous utilisez un procédé (détaillé dans la suite de l’article), vous pouvez le baliser et l’accentuer à travers un verbe de parole :
ironiser, [verbe] avec sarcasme, plaisanter, railler, s’amuser, balancer…

  • Les différents procédés

Notre langue possède divers procédés pour susciter l’humour et le rire. En voici quelques uns. (Attention liste non exhaustive)

– L’ironie

Ce qui vient en général en premier à l’esprit quand on parle d’humour en écriture. Mais c’est également le plus délicat…
L’ironie est le témoin d’un double discours : celui qui est dit et celui qui est sous-entendu. C’est ce double discours qui marquera la touche d’humour dans votre discours. À vous d’établir le lien entre ce que vous voulez faire comprendre et la retranscription ironique que vous allez écrire.
Ex : « — Oh mais c’est parfait ! Il a encore pris la peine d’éparpiller tout son linge dans la maison. Quelle charmante attention… »
Ici, vous pouvez constater une double ironie. La première dans « avoir pris la peine de… » qui sous-entend un effort voulu, alors qu’éparpiller son linge dans une maison n’est pas effort, mais une le fruit d’un désordre. La seconde dans « Quelle charmante attention » qui n’est vraisemblablement qu’une exaspération. Le réel discours est donc : « Il n’a fait aucun effort pour ranger son linge. Ça m’énerve… »

– Les décalages

Autre façon de générer des touches d’humour : les décalages entre ce qui est attendu et ce qui est montré. On peut plus ou moins dire que cela reprend le même principe que celui de l’ironie. Il faut détruire les attentes du lecteur et balancer un élément amusant et drôle qui va créer ce décalage. Voici un exemple un peu grossier, mais témoignant parfaitement de ce procédé :
Ex : « Il faisait tellement sombre dans cette grotte que l’on n’y voyait pas plus loin que le bout de son nez. L’atmosphère oppressante n’avait rien de rassurant et le fait de devoir rentrer dans cette cavité n’inspirait qu’une profonde inquiétude auprès des aventuriers. Chacun ravalait difficilement sa salive et tentait de trouver le courage d’y entrer. Alors qu’un énième râle résonna dans la grotte, un truculent pet sonore se fit entendre.
— Oh pardon, s’excusa l’un d’eux, gêné.
»
Le décalage réside ici dans l’inquiétante description de cette entrée de grotte et le pet sonore de l’un des aventuriers, plutôt inattendu et allant complètement à l’encontre de ce qui est généré en amont.

– Les parodies

Attention toutefois, parodier n’est pas copier !
Parodier c’est se servir d’éléments connus (comme les clichés par exemple) et de les appliquer sur d’autres éléments dans l’optique de se moquer de ce dont on parodie. Vous pouvez tout à fait vous servir d’un cliché et l’appliquer à votre histoire en le ridiculisant pour vous en moquer.
Ex : La parodie du bad-boy
« Du haut de son mètre cinquante et affublé de son blouson en simili-cuir délavé, il effrayait tous les petits de la grande récré et se faisait respecter en chipant le goûter des plus faibles… La rumeur dit même qu’il se coucherait à 21H15 les soirs de week-end… »

– L’absurde

Qui peut très bien se coupler aux décalages, l’absurde vient chercher l’impossibilité d’une chose, son aspect inapproprié dans un contexte précis. L’absurde de situation est souvent préféré en écriture et crée ainsi des effets de décalage suscitant l’amusement.
Ex : « Le sentant peiner, il sortit de sa veste une bonne tasse de thé fumante pour le réconforter. C’est bien connu, une bonne tasse de thé apaise les tensions… »

– Les répétitions

Dans un contexte donné, générer des répétitions se prête tout à fait à l’humour. C’est à vous de trouver l’élément à répéter qui fera mouche et sensation dans votre texte.
Ex : « — Voudriez-vous un dessert ?
— Euh… Non, sans façon…
— Préféreriez-vous poursuivre la soirée chez moi alors ?
— Euh… Non, sans façon… »

– Les jeux de mots

Bien évidemment, c’est une des clés emblématiques à ne pas oublier. Rien de tel qu’un bon jeu de mots bien placé pour susciter le rire. Là, par contre, c’est un peu à vous de les trouver. Mais inspirez-vous de ce que vous avez déjà pu entendre et d’autres procédés stylistiques comme les tropes.
Ex : « La France est insoumise et l’esclave est aboli depuis longtemps… Mais ne Mélanchon pas tout ! »
Pour comprendre le jeu de mots, il faut établir une connexion entre de La France insoumise (parti porté par Mélanchon) et l’abolition de l’esclavage, qui en soi ne sont pas nécessairement liés. Le jeu de mot réside donc dans la paronomase de Mélanchon (leader du parti politique) avec le verbe « mélangeons ».

Vous l’aurez compris, il existe tout un panel de possibilités de intégrer des touches d’humour dans vos récits. L’humour peut apaiser les tensions narratives en créant des pauses. De plus, montrer que vous savez maîtriser le comique à vos lecteurs est en gage supplémentaire de qualité à ne pas négliger. En effet, vous accentuez vos mérites en dotant votre plume d’une pluralité de facultés…

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