Comment effectuer une bonne réécriture de son roman ?


Aide & Conseils, Écriture / dimanche, août 12th, 2018

Comment faire une bonne réécriture de son roman

Après toute une série d’articles sur la création d’un roman (créer une intrigue, créer des personnages, rester motivé), nous vous proposons un ultime article dans la même veine : « Comment effectuer une bonne réécriture de son roman ? »

Vous venez enfin d’apposer le fameux point final à votre roman… Félicitations ! C’est un sacré travail que vous venez d’accomplir là.
À vous maintenant d’essayer de faire éditer ! (Voir ici les différentes façons d’être édité).

Mais ne croyez-vous pas qu’il est encore un peu tôt pour envoyer votre manuscrit à des maisons d’édition ?
Ne cherchez pas la réponse : il est effectivement trop tôt pour envisager cet envoi. Il vous faut impérativement passer par cette phase, parfois redoutée, qu’est la réécriture. Pourquoi ?

Sachez tout d’abord que votre roman ainsi terminé, et même si vous le considérez comme achevé à cent pour cent, n’est encore qu’au stade du premier jet. Eh oui… Et retenez bien une chose : envoyer un premier jet à une maison d’édition est une façon assurée de se le voir refusé. Les éditeurs ont l’œil pour ça et votre audace ne sera pas forcément bien reçue.

Alors, prenez le temps de bien revoir votre roman, de bien le retravailler et donnez-vous toutes les chances de recevoir un avis favorable. Attention toutefois, réécrire son roman ne signifie pas pour autant que vous serez assuré d’être édité !

La réécriture est, comme mentionné ci-dessus, une formalité importante et souvent nécessaire.

« C’est bon, je suis excellent en orthographe, je n’ai pas besoin de passer par là ! »

Et bien, vous vous trompez ! Et cela, pour deux raisons…

Premièrement, même si vous excellez dans le domaine orthographique, vous n’êtes cependant pas infaillible. Une petite et banale erreur peut très vite arriver sans que vous ne vous en rendiez compte. Une réécriture sert ainsi à corriger ce qu’on appelle vos coquilles — les microfautes d’inattention.

Deuxièmement, il ne faut pas confondre, correction et réécriture. En effet, réécrire son roman englobe bien plus de critères que ce que vous pensez. Et vous allez bien vite comprendre la différence.

La réécriture ne consiste donc pas qu’à gommer les derniers résidus de fautes que votre œil avisé aurait laissé filtrer.
En effet, une réécriture efficace tient compte de plusieurs facteurs.

Bien évidemment, vous allez très probablement retrouver quelques fautes d’orthographe. Ça arrive à tout le monde.
Mais la forme de votre roman comptabilise d’autres éléments :

  • La syntaxe :
    Soyez sûr de votre syntaxe et de votre grammaire. Ne vous hasardez pas dans des tournures phrastiques si vous n’êtes pas certain de sa validité. N’hésitez pas à chercher dans des grammaires dès le moindre doute. Évitez également les lourdeurs, et favorisez des tournures fluides, sans longueurs, sans pour autant se cantonner aux structures canoniques « Sujet + Verbe + Complément ».
    Surveillez aussi la concordance des temps de votre récit.
  • La typographie :
    Si vous envisagez d’envoyer votre manuscrit à un éditeur, sachez que des codes typographiques respectés auront toujours un effet bénéfique sur votre œuvre. Pensez donc à vérifier que vous les avez utilisés correctement. Corrigez toutes coquilles touchant aux majuscules, à la ponctuation, mais aussi à la mise en forme de vos dialogues (les cadratins et pas de guillemets, les incises…), ou encore aux divers espacements.
  • La sémantique :
    Chaque mot a son propre sémantisme, un sens bien particulier. Veillez donc à ne pas générer de contresens ou d’incohérences dans vos phrases. Certains termes ne peuvent pas s’associer, car leur sémantisme sont contradictoires. Pensez aussi que d’autres mots auront une plus grande efficacité de ceux que vous avez déjà pu employer. Évitez également les verbes dits « faibles » comme « être, avoir, faire, dire, aller ». Tout dépend du message à véhiculer et des émotions que vous voulez faire émerger chez votre lecteur.
    Après, bien sûr, rien de vous empêche de jouer avec le sens des mots employés pour créer des jeux, mais en connaissance de cause.
  • La stylistique :
    Elle se retranche avec les lourdeurs à éviter de votre syntaxe et les mots choisis pour leur sémantique. À ceci s’ajoutent également tous les effets poétiques (jeux phoniques et sémantiques, images, rythmes…). Sans aller à l’accès, un texte ponctué de poésie de temps en temps et toujours plus agréable à lire.

Prenez en considération tous ces éléments sur la forme. Même si vous ne privilégiez pas la sémantique ou la stylistique, prenez quand même le soin d’effacer les lourdeurs syntaxiques et les erreurs typographiques. Ce sont les trois gros critères (avec l’orthographe) qu’un éditeur surveille au niveau de la forme.

Certes, la correction sur la forme de votre roman n’était peut-être pas une partie de plaisir. Toujours est-il qu’à présent, il vous faut vous attarder sur le fond de votre fiction. Pour cela, nous ne pouvons précisément vous dire quoi faire, néanmoins voici quelques pistes à analyser sur cette partie de votre réécriture.

  • L’intrigue :
    Suit-elle un fil rouge précis et ne s’égare-t-elle pas à droite à gauche ? Vous devez, même si vous prenez le parti de l’écriture au feeling, avoir un fil conducteur dans votre roman. Partir d’un point A à un point B, et ce même si vous concevez votre fiction en plusieurs tomes. Si vous-même sentez que vous vous égarez au fil des pages, dites-vous que l’éditeur n’en pensera pas moins…
  • Les intrigues secondaires :
    Lancer des intrigues secondaires, c’est génial ! C’est un excellent moyen de dynamiser votre intrigue principale.
    Mais êtes-vous sûr qu’à la fin de votre manuscrit tous les noeuds en arrière-plan soient tous résolus ? Veillez donc à dénouer tout ce que vous avez voulu tisser pour rendre plus puissante votre trame ! Ne nous laissez pas des personnages en suspend, des quêtes inachevées, des histoires de cœurs non terminées…
  • Les personnages:
    Êtes-vous satisfait.e de vos personnages ? Telle est la question à se poser. Sont-ils crédibles, pleins, dynamiques, profonds, émouvants, attachants et vivants ? Si certains ne remplissent pas au moins quelques critères, ne croyez-vous pas qu’il serait intéressant de se plonger dessus ? Plus vos personnages seront travaillés, plus ils donneront envie aux lecteurs de connaître leurs péripéties. Et par conséquent, une chance supplémentaire de pouvoir être édité.
  • Les incohérences :
    Le grand malheur à chasser de vos pages ! Que ce soit au niveau de votre intrigue, de vos personnages, du cadre de votre univers, du cadre réaliste… Une incohérence peut très vite arriver et gâcher votre récit à cause d’une mini erreur de cohérence. Il n’y a, hélas, pas de solutions miracles : relisez-vous minutieusement pour éliminer les incohérences liées à votre plume et documentez-vous pour celles inhérentes au cadre réaliste de votre fiction. Et ce, même si vous êtes dans un univers fantasy. Le réalisme des faits repose sur plusieurs axes : le corps, les maladies, la mort, le social, la religion, les cultures… Pour vous donner un exemple concret, si vous écrivez de la fantasy et que votre personnage reçoit une flèche dans le thorax (ou ailleurs…), veillez à rendre l’agonie ou la mort de votre personnage concrète et réaliste.

Globalement, une fois que vous aurez repris point par point votre roman en fonction de ces trois éléments, vous saurez sur quoi vous attarder dans la correction du fond de votre fiction.

Nous venons de vous donner les fondamentaux pour attaquer la réécriture de votre manuscrit.
Toujours est-il que pour appréhender sereinement ce gros travail qui vous attend, voici quelques conseils supplémentaires :

  • RÉÉCRITURE :
    Cela va vous paraître bête, mais comme le nom l’indique, vous allez entamer un processus de réécriture. Il s’agit donc pour vous de réécrire, c’est à dire : écrire à nouveau ! Autrement dit, n’hésitez pas à reprendre votre texte, à supprimer certains passages, à en modifier ou à en rajouter au besoin. Une réécriture consiste à améliorer votre premier jet. Ne vous en contentez donc pas. Ne vous dites pas que votre texte est parfait et qu’il n’a pas besoin de changements. Rien ne l’est et tout est perfectible !
  • En un seul passage ?
    Premier jeu ne signifie pas second et unique autre jet par la suite. Non ! Mais plutôt : deuxième jet, troisième jet, quatrième jet… Une bonne réécriture doit au moins avoir deux passages de son auteur. Même si les jets suivants sont moindres, il est important de revoir plus d’une fois votre roman. Qualité et confiance sont à la clé !
  • Du temps :
    Ne vous acharnez pas sur votre réécriture 24h/24 et 7 j/7… Vous risquez de vous dégoûter de votre propre projet, à ne plus le voir en peinture. Ça serait tellement dommage !
    Il vous faut tout le contraire : prenez le temps de le réécrire comme vous avez éventuellement pris le temps de l’écrire. N’hésitez pas à faire des pauses (même si elles ne sont que de quelques jours…). Ainsi, vous aurez le bénéfice d’acquérir du recul sur votre manuscrit. Et qui dit recul, dit meilleures capacités d’analyses.
  • De l’aide :
    N’hésitez pas à demander de l’aide. Vous avez certes des professionnels qui pourront vous fournir une précieuse aide, mais commencez par demander à vos proches, à vos amis… Ils auront un œil critique et objectif sur votre histoire puisqu’ils sont, d’une part extérieurs à sa genèse, et d’autre part des lecteurs potentiels. Si vous préférez des avis encore plus objectifs et impartiaux, vous avez également les différentes plateformes et groupes sociaux.
  • Accepter la critique !
    En lien avec le conseil précédent, si vous demandez de l’aide, il vous faut aussi savoir accepter la critique. Les lecteurs sont les piliers de l’édition. Si un lecteur vous critique et vous conseille, ne prenez pas la mouche. Envisagez plutôt comment mettre à contribution les remarques qu’on a pu vous faire.

La réécriture d’un roman est une étape capitale si l’on envisage d’envoyer son manuscrit à une maison d’édition, ou même pour l’auto-édition. C’est tout un travail sur la forme qu’il est important de ne pas négliger tout comme une évaluation essentielle du fond du récit.
Un travail soigné et méticuleux sur la réécriture fournit un avantage considérable et fait toute la différence sur les manuscrits qui n’en bénéficient pas. Paris ne s’est pas fait en un jour, le prochain best-seller non plus !

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