Comité de lecture : à quoi ça sert ?


Les dessous de l'édition / mercredi, août 15th, 2018

Aujourd’hui, dans Les Dessous de l’Édition, nous allons nous intéresser au comité de lecture. Ce petit groupe de personnes qui intrigue autant qu’on l’adore (ou le déteste).

Il s’agit de plusieurs lecteurs embauchés ou bénévoles dans une maison d’édition. Il peut s’agir des étudiants (en stage ou alternance), d’auteurs déjà publiés dans la maison d’édition, ou tout simplement de lecteurs ordinaires.

Ils sont là pour donner leur avis sur votre manuscrit, à savoir : la qualité de la forme et du fond, si le roman respecte la ligne éditoriale mise en place, et s’il a un potentiel éditorial.

Lorsque vous envoyez votre manuscrit en papier ou en numérique, un assistant d’édition ou une secrétaire s’occupera d’abord de votre texte. Ils vont donc vérifier que toutes les demandes de l’éditeur sont respectées, synopsis, fiche d’auteur, lettre de présentation. Ensuite, ils vont jeter un bref coup d’œil au manuscrit pour éviter que le comité ne se retrouve avec une œuvre illisible, remplie de fautes.

Après cela, deux cas de figure : soit l’éditeur commence à le lire et décide si cela vaut la peine de l’envoyer en comité de lecture ou non, soit le comité passe avant et l’éditeur prend la décision de le lire une fois les avis recueillis.

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Le comité de lecture fonctionne le plus souvent avec une fiche de lecture où ils attribuent des notes à votre ouvrage. Si votre manuscrit ne dépasse pas une certaine note, il sera éliminé et un mail (ou une lettre) de refus vous sera envoyé. Souvent, les éditeurs n’ayant pas réellement jeté un œil à votre œuvre ne prendront pas le risque de vous froisser, et ne donneront pas les raisons de son refus, mais l’habituel « Malgré la qualité de votre manuscrit… ». Attention, cependant, cette lettre type ne veut pas dire que l’éditeur n’a pas lu votre manuscrit ! Souvent, les maisons d’édition « se cachent » derrière ce refus tout fait pour éviter une chose : l’agressivité des auteurs. Oui, il n’est pas rare de se faire harceler, insulter ou dénigrer sur le web, juste parce qu’on a eu le malheur de dire que le manuscrit était incohérent avec des fautes d’un autre monde.

Si les avis sont mitigés (coup de cœur et déception totale, ça arrive), l’éditeur y jettera un œil, pour être sûr de ne pas passer à côté de quelque chose. Si les avis sont tous positifs, il sera lu pour vérifier les avis.

Le grand mythe ! Nous allons être francs : il est très facile de repérer un manuscrit quand il est mauvais. Cela se voit en un chapitre, voire deux. Eh oui. Arrêtez de penser que le plot twist au chapitre 45 fera changer d’avis tout le monde, car peu de monde sera prêt à lire un livre pour enfin comprendre le cheminement de l’auteur au bout de trois cents pages.

Au contraire, lorsqu’il est bon, ils vont pousser la lecture. Pour être sûr du contenu, pour être sûr de sa qualité.

Nuançons un petit peu. Certains éditeurs ne lisent pas les manuscrits non retenus, c’est une perte de temps si les avis sont tous catégoriques. D’autres lisent quand même, au cas où. Ça dépend des maisons d’édition, des éditeurs eux-mêmes et du temps qu’ils ont devant eux. Tout simplement.

En moyenne, les grandes maisons d’édition reçoivent une centaine de manuscrits par jour. Par jour. Il est impossible pour l’éditeur (ou parfois les éditeurs) de tout pouvoir lire entièrement. C’est donc là qu’interviennent les lecteurs, pour faire un premier écrémage des vagues d’envoi. Ils font le tri entre ceux qui méritent de l’attention, et ceux qui méritent une réécriture.

Oui et non. Les lecteurs sont la clientèle des éditeurs : si votre œuvre ne plaît pas, ils ne prendront pas le risque d’engager énormément de frais pour un roman qui ne dépassera pas les 100 ventes. Comme toute entreprise, ils ont besoin de faire des bénéfices.

Sachez tout d’abord qu’il faut être majeur. Comme l’éditeur ne lit souvent pas intégralement le manuscrit, si l’auteur a écrit des propos pouvant heurter la sensibilité des plus jeunes, il ne pourra pas le savoir.

Il faut également ne pas avoir d’autre lien avec d’autres maisons d’édition pour éviter les conflits d’intérêts. Par exemple, si vous êtes lecteur chez les Éditions X, mais ami avec les Éditions Y. Imaginons qu’un manuscrit vous tape dans l’œil dans le comité X. Ne seriez-vous pas tenté de le proposer à votre ami ? Normal.

Ensuite, il faut pouvoir respecter la confidentialité des lectures effectuées. L’auteur ne doit pas savoir que vous avez lu son roman dans ce comité-là. Évidemment, encore moins si vous dénigrez son œuvre.

Dernier point, la plupart des grandes maisons d’édition ne prennent pas ou très peu de lecteurs hors édition. Ils ont déjà leur comité de lecture de confiance. Cependant, si l’idée vous intéresse toujours, les plus petites maisons d’édition, elles, recherchent souvent. Mais en bénévole. N’hésitez donc pas à aller voir sur leurs sites internet, ils ont souvent une partie réservée pour le comité de lecture.

Le comité de lecture peut être composé de professionnels tout comme d’amateurs. Cependant, leurs avis sont toujours légitimes : les lecteurs sont les prescripteurs de ce qui marche ou non en édition. Il est donc normal que petites et grandes maisons d’édition s’y fient.

Les éditeurs jetteront le plus souvent un œil à votre manuscrit, cependant, n’oubliez pas ! Comme en immobilier et dans la vraie vie, la première impression est souvent primordiale. Une faute au premier mot, ou même dans le titre et direction les refus. Pour éviter ça, n’hésitez pas à jeter un œil à nos prestations.

 

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